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Le feuilleton du Club Med, ou le prix de la patience

Les Echos

Si ses péripéties judiciaires ont pu éprouver les nerfs des actionnaires minoritaires, le feuilleton du Club Med, qui s'est conclu par un relèvement de 45 % de l'offre initiale, témoigne du bon fonctionnement du marché.

Plus jamais. Plus jamais une offre publique d'achat (OPA) ne sera à la merci d'une justice française saturée, dont la lenteur éprouve les nerfs des actionnaires minoritaires. Après l'offre d'Icade sur Silic, qui s'est étirée sur seize mois, les retards pris dans l'OPA de Fosun et Ardian sur le Club Med, puis dans celle de la SMABTP sur la tour Eiffel ont fait déborder le vase. Le législateur a décidé de fixer à la cour d'appel de Paris un délai de cinq mois au maximum pour examiner les recours sur les décisions de recevabilité des offres prises par le gendarme boursier. Sous la pression de certains lobbies, les parlementaires ont corrigé ce dysfonctionnement qui paralysait les sociétés. Voilà pour la forme. Les juges ne viendront plus étirer les OPA au-delà du raisonnable. Mais cela n'empêchera pas les actionnaires d'intenter des recours. Car il ne faut pas oublier que, s'il y a eu un contentieux boursier dans le cas du Club Med, c'est avant tout parce que le prix de 17 euros par action a été jugé insuffisant. Les rebondissements, avec au final une offre à 24,60 euros, ont donné raison aux minoritaires. Dès lors, ce feuilleton boursier n'est-il pas plutôt le signe d'un bon fonctionnement du marché, avec un prix variant selon l'offre et de la demande ?

Un petit retour en arrière s'impose. A la mi-mai 2013, le Club Med vaut 435 millions d'euros (moins de 14 euros par action). Quinze jours plus tard, le chinois Fosun, actionnaire depuis 2010, associé au fonds de « private equity » Ardian (ex-PAI), fait une offre publique amicale à 17 euros (valorisant le groupe 540 millions). Le titre sort alors d'un long corridor de 10 à 15 euros où l'avaient coincé la crise économique puis le tsunami en Thaïlande et le printemps arabe. Un an et demi plus tard, en décembre 2014, après que des recours de minoritaires (l'Association de défense des actionnaires minoritaires de Colette Neuville et la société de gestion alternative indépendante CIAM) ont gelé l'offre pendant dix mois et une bataille boursière homérique de six mois entre l'homme d'affaires italien Andrea Bonomi et Fosun, le prix offert valorise le Club à 939 millions d'euros. Le fruit de huit enchères et surenchères...

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Les EchosNadejda Rakovska